Les droits culturels

Le 18 janvier dernier, les centres socioculturels de Poitou-Charentes étaient au Petit Théâtre Jean Richard pour en apprendre d’avantage sur les droits culturels.

Dans la lignée des travaux engagés par la Fédération des centres socioculturels de France depuis 2015, les centres socioculturels de Poitou-Charentes interrogent leurs pratiques à la lumière de cette grille de lecture que sont les droits culturels : convergences ? écarts ? intentions ou réalité(s) ? Selon cette déclaration, qui découle de la déclaration des Droits de L’Homme, le terme culture recouvre les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie, par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité.

Pour aller plus loin et vérifier que les associations comme les nôtres ont un rôle à jouer en matière d’accès aux droits culturels ils avaient invité deux spécialistes de la question : Jean-Michel Lucas, autrefois directeur régional des affaires culturelles, conseiller au cabinet du ministre de la Culture, Jack Lang. Et Thierry Szabo directeur de L’A. Voilà ce qu’ils en pensent. 

Le contexte : les droits culturels, où en sont-ils ?

Les lois et déclarations en matière de droits culturels, de droit à la culture, ne se suffisent pas. Il s’agit maintenant de les faire vivre. Thierry Szabo a le sentiment que les droits culturels ne sont pas vraiment mis en application, intégré par nos associations et plus largement par les citoyens. “C’est une notion conceptuelle accompagnée de beaucoup de théories, explique t-il.”
Alors les faire valoir peut s’avérer difficile. Tout particulièrement pour les personnes qui en sont le plus éloignées : personnes qui sont peu diplômées, qui sont sans emploi et fragilisées. C’est surement pour cela que la rencontre entre le monde du “social” et le monde du “culturel” se fait de plus en plus souvent. La question maintenant, c’est d’organiser les moyens d’une véritable coopération. Pas si facile tant les postures, les outils, les méthodes de travail sont éloignées d’un secteur à un autre.

Quels rôle pouvons-nous jouer? 

  • Tisser des liens entre des communautés culturelles différentes. Sans évincer les particularités culturelles communautaires, Jean-Michel Lucas met en garde concernant le communautarisme. Nos associations devraient pouvoir trouver  les solutions pour « concilier des inconciliables » précise t-il. 
  • Travailler le collectif pour ce qui concerne les choix culturels. Cela favorise entre autre la diversité culturelle. Si les personnes qui choisissent les spectacles, les expositions, les concerts etc… ne sont pas toutes issues du même milieu, si elles n’ont pas toutes le même profil, les mêmes goûts, il y a plus de diversité !
  • Dans la plupart des déclarations des Droits de l’homme est question de la notion de dignité humaine. Cette notion fait également partie de notre charte nationale. On peut y lire les notions de cohésion sociale et de liberté, indique l’ancien directeur régionale. “Les acteurs associatifs ont pour vocation, entre autre, d’accompagner les parcours émancipateurs.” Faire vivre concrètement les droits culturels, favoriser vraiment l’accès à la culture pour tous, permettrait aux citoyens de gagner en liberté, en autonomie, en dignité. 

 

Les droits culturels dans le temps