Pour un état animateur

Le 20 janvier 2018, les centres sociaux de Charente-Maritime ont voté 2 motions. 

Le contexte général / Les constats

Aujourd’hui les centres sociaux n’ont pas de visibilité pour réaliser leurs projets, pourtant agréés en concertation avec les institutions et les partenaires financiers. Ils se retrouvent dans une situation de « gestion à vue », avec de plus en plus d’incertitudes liées aux baisses de soutien enregistrées, dont la diminution des emplois aidés. De nouvelles baisses de financement sont annoncées, la situation est devenue très préoccupante.

1ère motion : Pour « un Etat Animateur »

Les raisons de cette motion.
Nous constatons que des décisions sont prises unilatéralement sans concertation et sans études d’impacts avec les centres et avec les autres partenaires financiers. Les baisses de financement vont produire des réductions de postes qui vont entrainer d’autres pertes de financements, et donc des baisses d’activités. C’est ce que nous appelons « l’effet dominos ».
Cela remet en cause la cohérence du projet et l’approche globale de l’intervention des centres sociaux. C’est une réduction des activités, de l’offre de services, et de l’accueil des publics sur les territoires au moment ou les besoins n‘ont jamais été aussi importants. Et à terme, le risque de voir des centres disparaitre.
Ce que nous voulons obtenir.
La mise en place d’un Comité de pilotage départemental, piloté par le Préfet.
Nous souhaitons :
– faire prendre conscience à l’Etat de la situation et de sa responsabilité,
– obtenir un soutien des élus parlementaires, et leur interpellation du gouvernement.
– arriver à mettre l’ensemble des partenaires autour de la table pour partager les constats, les enjeux, et rechercher et construire des solutions. Cela peut prendre la forme d’un pacte de coopération engageant les partenaires financiers à l’échelle départementale et avec des déclinaisons locales, associant les collectivités (Villes et Communautés de communes et / ou d’agglomérations).
Ce à quoi nous nous engageons.
– Participer à des groupes de travail à mettre en place au niveau local avec l’ensemble des partenaires pour étudier les solutions et élaborer un accord cadre permettant l’obtention de moyens financiers pour la transformation des postes CA et CAE en emplois qualifiés de droit commun, en cohérence avec le volume et la qualité des actions et des services.
– Arriver à ne pas dépasser un pourcentage d’emplois aidés (entre 10 et 20% ??) par rapport à l’ensemble de l’organigramme du personnel au terme d’une période à définir dans un accord cadre à élaborer localement.
– Ne pas répondre aux sollicitations pour développer de nouveaux services et d’actions en s’appuyant principalement sur des dispositifs précaires.

2ème motion : Pour « un Etat partenaire financier »

Les raisons de cette motion.
 Les centres sociaux sont des partenaires et non des prestataires.
Depuis plusieurs décennies, les centres ont été sollicités et ont répondu favorablement pour participer à mettre en oeuvre les politiques de l’Etat :
– la politique de la Ville, la citoyenneté, la prévention (délinquance, violences conjugales, décrochage scolaire), la laïcité et les valeurs de la République, le soutien à la vie associative….sans oublier celle concernant le traitement social du chômage par la création d’actions d’insertion sociale et professionnelle et l’embauche d’emplois aidés (jeunes volontaires, Travaux d’Utilité Collective, Contrat emplois solidarité, CEC, etc..).
Les responsables associatifs ne sont pas consultés ni même informés des changements de priorités et d’arbitrages budgétaires qui interviennent sans évaluation et sans mesure des conséquences sur le terrain.
 L’Etat doit s’engager durablement et tenir ses engagements.
Depuis plusieurs années, l’Etat se désengage directement vis-à-vis des centres sociaux, et ce toujours de façon brutale. Cela s’est produit en 2011 avec la réduction de 50 % des postes Fonjep, annoncés en septembre avec effet immédiat. L’Etat réitère en 2017, avec la perte des financements des crédits politique de la ville sur les CLAS, et la baisse de nombre d’emplois aidés dès septembre 2017.
Par ailleurs, la baisse des dotations globales de fonctionnement aux communes et aux départements a engendré des baisses de financement ou aucune augmentation des subventions de ces collectivités en direction des centres, qui de cette manière sont doublement pénalisés.
Ce que nous voulons obtenir.
Si nous pouvons nous féliciter et apprécier la qualité des relations avec les représentants départementaux de l’Etat, et notamment ceux de la DDCS, nous souhaitons que le gouvernement et les services de l’Etat au plus haut niveau aient une plus grande considération des centres sociaux et de leurs responsables qui sont engagés et oeuvrent pour l’intérêt général de leur territoire et du pays.
Cela doit se concrétiser par :
– un dialogue permanent entre décideurs et responsables associatifs
– des soutiens financiers suffisants et pérennes de l’Etat pour le maintien des capacités de mise en oeuvre des projets des centres (exemples : Priorités de la COG avec la CNAF, financements directs sur des missions déléguées, augmentation du montant des postes Fonjep, dispositifs de qualification des salariés, …)
Ce à quoi nous nous engageons.
Poursuivre notre participation active à la mise en oeuvre des politiques publiques relevant de nos domaines d’intervention.
Contribuer à l’accompagnement de personnes dans leur parcours professionnel d’apprentissage et de qualification.
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